4 août 2026

Août : Le mois pour parler de santé pelvienne

Témoignages

De la grossesse au post-cancer gynécologique, la physiothérapie pelvienne contribue à améliorer la qualité de vie des femmes. Annie témoigne des bienfaits de la prévention et rappelle l’importance de mieux connaître son corps pour prévenir les problèmes et favoriser la récupération.

Marie-Eve Prince - Ambassadrice du Fonds Santé des femmes
Marie-Eve Prince - Ambassadrice du Fonds Santé des femmes

« À ma première grossesse, j’ai consulté une physiothérapeute ayant une expertise en santé pelvienne, car je voulais comprendre le fonctionnement de mon plancher pelvien pour faciliter l’accouchement », raconte Annie qui en est maintenant à son troisième enfant. « C’est le centre de notre corps et personne ne m’en avait parlé! » Elle a appris à contracter, retenir et relâcher ce groupe de muscles qui soutient les organes comme la vessie et l’utérus, et qui a aussi un rôle important à jouer sur la continence et la vie sexuelle.

La physiothérapie pelvienne : un accompagnement essentiel pendant et après la grossesse

Pour elle, il est clair que la prise en charge avant et après l’accouchement a été bénéfique. « Je suis connue pour avoir un ventre énorme, une vraie piscine olympique, dit-elle en riant.  Ma fille, mon troisième enfant, est née à 11 livres. Grâce à la prévention, mon suivi en clinique et mon programme d’exercices après l’accouchement, mon plancher pelvien a repris sa force initiale et j’ai récupéré plus rapidement, même à 40 ans! »

La grossesse et aussi bien d’autres étapes dans la vie d’une femme peuvent avoir des conséquences sur la fonctionnalité du plancher pelvien. Douleurs, descente d’organes, incontinence urinaire et fécale, ces types de problèmes sont souvent banalisés ou ignorés, que les femmes soient jeunes ou plus âgées, qu’elles aient eu des enfants ou pas.

« C’est ce qui m’a motivée à vouloir m’occuper des femmes en physiothérapie périnéale, raconte Marie-Ève Prince, fondatrice de la clinique Cigonia à Sherbrooke et ambassadrice du Fonds Santé des femmes de la Fondation du CHUS. « Il y a 25 ans, on voyait peu de patientes. C’était méconnu, mais peu à peu, les associations internationales de diverses spécialités ont recommandé la pratique et depuis 5 ans, on voit une augmentation des consultations. » La clinique sherbrookoise en santé pelvienne a été la première à voir le jour au Québec dans le début des années 2000.  

Des solutions existent pour améliorer la santé pelvienne des femmes

Que ce soit pour des douleurs sexuelles, la préparation à l’accouchement ou des traitements post-cancer gynécologique, la physiothérapie contribue à améliorer la qualité de vie des femmes et même leur avenir. « Nous avons reçu récemment une jeune fille qui voulait mettre fin à son programme de techniques policières parce qu’elle avait des fuites urinaires. Ce n’est pas normal qu’une jeune femme renonce à son choix de carrière! C’est important que les gens sachent que des solutions existent. »

Les conséquences financières pour la société sont aussi lourdes, selon Marie-Ève Prince. « Les femmes endurent leurs symptômes longtemps, ce qui peut aggraver leur situation et surcharger le système de santé. En plus d’amoindrir la qualité de vie, les conséquences ont des effets sur la vie de couple, la santé mentale et peuvent aussi augmenter les risques cardio-vasculaires, car plusieurs abandonnent l’activité physique. »  

La petite dernière a maintenant 9 mois, et Annie s’est remise au jogging sans être inquiétée. « Si j’avais un message à passer, ce serait : n’attendez pas d’avoir un problème et comprenez mieux votre corps! Si je n’avais pas appris comment fonctionnent mon plancher pelvien et mes abdominaux, qui sont aussi très importants dans ma récupération, j’aurais possiblement eu des séquelles. Je suis triste que ce type de suivi ne soit pas obligatoire au Québec. »  

Annie conscientise déjà sa plus vieille à l’existence du plancher pelvien. « Elle mélange un peu, car elle parle du plancher préhistorique, confie en rigolant la maman, mais au moins, elle sait à quoi ça sert! »

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Annie Corriveau, directrice des communications à la Fondation du CHUS
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