12 octobre 2026
Un demi-siècle à mieux comprendre les maladies rhumatologiques pour transformer des vies
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Bien que ses impacts soient souvent très graves et même invalidants, l’arthrite demeure encore largement méconnue. Heureusement, la recherche contribue à améliorer la qualité de vie et les perspectives d'avenir des personnes qui en sont atteintes. Grâce à des chercheuses et des chercheurs comme le Dr Gilles Boire et au soutien de donatrices et donateurs, les connaissances progressent et ouvrent la voie à des traitements toujours plus personnalisés.
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Au Canada, une personne sur cinq vit avec l'arthrite, l'une des maladies chroniques les plus fréquentes. Souvent banalisées, les différentes formes d'arthrite peuvent pourtant entraîner de graves conséquences : douleurs importantes, déformations articulaires, perte de mobilité, complications neurologiques, invalidité et même décès prématuré lorsqu'elles ne sont pas prises en charge adéquatement.
Les nombreuses arthrites inflammatoires touchent plus de 5 % des adultes, tandis que plus d'un enfant sur 1 000 est atteint d'arthrite chronique juvénile. C'est dans ce contexte que le Dr Gilles Boire a consacré sa carrière à la recherche et aux soins en rhumatologie.
Une vocation née du désir d'aider
Entré en médecine à l'Université de Sherbrooke en 1977, le Dr Gilles Boire s’est rapidement tourné vers la rhumatologie, un domaine qui le passionne depuis près d'un demi-siècle.
« Je voyais des personnes souffrir et être lourdement invalidées par les maladies rhumatologiques. Beaucoup d’entre elles étaient de jeunes femmes qui, pour la plupart, n’avaient pas de mauvaises habitudes de vie. Les médicaments que nous avions à l’époque se limitaient essentiellement à l’aspirine, à la cortisone, à des anti-inflammatoires et à d'autres traitements qui entraînaient de nombreux effets secondaires. Alors, je me suis dit que c’était un domaine de la médecine où il restait énormément à découvrir et où je sentais que je pouvais contribuer », explique celui qui est aussi professeur associé au Département de médecine de l’Université de Sherbrooke.
Peu de carrières se construisent entièrement au sein d'une même communauté, mais c'est le choix qu'a fait le Dr Boire. À l'exception d'un stage postdoctoral de deux ans à l'Université Yale et de quelques séjours de perfectionnement, il a consacré près de 50 ans de sa vie professionnelle à faire progresser les soins, la recherche et la formation dans notre région.
Des avancées qui changent des vies
Si, dans les années 1980, les options thérapeutiques pour les patientes et patients étaient limitées et les séquelles souvent importantes, la réalité est tout autre aujourd’hui. De nouvelles thérapies permettent désormais de mieux contrôler l’inflammation, de ralentir l’évolution de la maladie et d’améliorer considérablement la qualité de vie des personnes touchées. Alors qu'autrefois, les personnes atteintes de formes sévères de polyarthrite rhumatoïde présentaient une espérance de vie réduite de cinq ans chez les femmes et de dix ans chez les hommes par rapport au reste de la population, cet écart tend aujourd'hui à disparaître.
Cette bonne nouvelle ne veut cependant pas dire que le travail est terminé. Au contraire. Malgré les avancées réalisées, de nombreuses questions demeurent sans réponse, notamment en ce qui concerne les causes des maladies rhumatologiques. Parmi les facteurs associés à leur développement figurent la génétique, certaines habitudes de vie dont le tabagisme, les changements hormonaux comme la ménopause chez la femme, ainsi qu'une grande part de hasard. « Si l'on connaissait le déclencheur de ces affections, on pourrait les prévenir, voire les empêcher de se développer », souligne le Dr Boire.
La biobanque : un moteur de découvertes
Pour approfondir les connaissances et répondre aux nombreuses questions qui subsistent, les équipes de recherches s'appuient sur la biobanque en rhumatologie du Centre de recherche du CHUS. Cette ressource unique, sous la direction du Dr Gilles Boire, soutient les travaux d'une équipe de onze rhumatologues et de plusieurs assistant·es, étudiant·es aux cycles supérieurs et résident·es en rhumatologie.
À ce jour, la biobanque regroupe les données d'imagerie médicale, les échantillons biologiques (sérum, ADN, etc.) et les renseignements cliniques de 1 212 personnes participantes.
« Cette précieuse ressource ouvre aussi la porte à une évaluation plus précise de l'efficacité des traitements. Comme les médicaments ne fonctionnent pas de la même façon chez tous les individus et que l'évolution de la maladie varie d'une personne à l'autre, nous cherchons à mieux comprendre les particularités de chacun afin d'adapter davantage les traitements à son profil. »
La recherche progresse aussi grâce à la collaboration. L'équipe sherbrookoise travaille régulièrement avec d'autres centres de recherche, au Québec comme ailleurs dans le monde, notamment par le partage d'échantillons, de publications scientifiques et de conférences. Dans les prochaines années, elle souhaite également élargir sa biobanque et obtenir les certifications nécessaires pour en faire une référence au Canada et à l'international.
Fonds Huguette et Paul Boire : un engagement durable pour la recherche en rhumatologie
Les percées scientifiques ne surviennent pas du jour au lendemain : elles reposent sur des années de travail, de collecte de données et de collaboration, mais aussi sur un soutien financier durable. Le Fonds Huguette et Paul Boire a été créé pour assurer un soutien de façon pérenne à la recherche en rhumatologie. Ce fonds vise à développer des ressources de qualité mondiale, ici à Sherbrooke, permettant de faire progresser la recherche et ultimement d'améliorer les soins aux personnes atteintes grâce à une meilleure compréhension des causes et mécanismes des maladies articulaires, de leur évolution ainsi que de l'efficacité des traitements.
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